Résumé – Les monnaies que nous appelons « pseudo-ébusitaines / massaliètes » utilisent des types monétaires imitant des frappes d’Ébusus et de Marseille, en combinaison avec des types de la République romaine et d’autres encore. Leur...
moreRésumé – Les monnaies que nous appelons « pseudo-ébusitaines / massaliètes » utilisent des types monétaires imitant des frappes d’Ébusus et de Marseille, en combinaison avec des types de la République romaine et d’autres encore. Leur production est localisée en Campanie, très probable-ment à Pompéi. Connu depuis une dizaine d’années seulement, ce monnayage a pu être isolé grâce aux trouvailles monétaires de Pompéi, recueillies sous l’horizon de destruction de 79 ap. J.-C. Nous identifionsles prototypes d’Ébusus et de Marseille et, pour la première fois, de Rome et nous distinguons comme modèles potentiels des types en provenance d’autres ateliers d’Italie. Le nombre connu de types imitatifs et de combinaisons entre eux ne cesse de croître. Initiée probablement dans la première décennie du ier siècle av. J.-C., leur production atteint son apogée vers la fin des années 90, voire le début des années 80 a. J.-C.Une particularité technique de ce monnayage est l’utilisation souvent libre des coins tant dans la position inférieure que dans celle supérieure, si bien que le concept d’« avers » et de « revers » n’est pas applicable, ce qui nous amène à proposer et employer une méthode permettant de décrire et d’analyser ce type de matériel.Enfn, nous abordons la question de savoir si, à l’époque antique, les pièces pseudo-ébusitaines / massaliètes sont arrivées en Gaule. Leur absence parmi les nombreuses découvertes du Sud de la France répertoriées par M. Py est confirméepar leur rareté extrême dans les collections de France où, à l’exception d’une pièce découverte à Glanum, elles sont très probablement arrivées par les voyageurs du Grand Tour. Les recherches futures permettront d’interpréter ce phénomène et de dire s’il est à imputer à de faibles échanges commerciaux entre la Gaule méridionale et Pompéi, ou alors, si d’autres explications sont à envisager.Summary – The coins that we describe as « pseudo-Ebusan / Massaliot » use a number of types that imitate the coinages of Ebusus and Massalia, combined with Roman Republican and other types. They were struck in Campania, almost certainly at Pompeii. The pseudo-Ebusan / Massaliot complex was identifiedin the last ten years, on the basis of coins from excavations at Pompeii below the destruction level of AD 79. We identify the Ebusan and Massaliot prototypes, and for the firsttime the Roman prototypes, and possibly those of other Italian mints. The number of imitative types known, and the combinations of these types, continues to grow. Their production seems to begin in the frst decade of the frst century BC, and reaches its apogee in the late 90s and early 80s BC.A technical characteristic of this coinage is that dies might be – and often were – used in either the upper or lower position, so that the concepts of obverse and reverse do not apply. We therefore propose and apply a methodology for describing and analysing such a coinage.We lastly consider whether these imitative Massaliot types reached Gaul in antiquity. Their absence in the many fnds from southern France assembled by M. Py is confrmed by their extreme rarity in French collections. With a single exception from Glanum, the few examples known probably reached France with travellers returning from the Grand Tour. Further research may show whether the rarity in France of Pompeian imitations of Massalia is the result of limited commercial exchanges between southern Gaul and Pompeii, or whether some other explanation is needed.